03 juin 2009

Un rêve bizarre (cocker, il n'y a pas la fin...)

Voici un rêve bizarre que j'ai fait toute fin avril ou tout début mai.

Nos amies nous avaient envoyé des photos de l’endroit où elles avaient été invitées : c’était moderne, fonctionnel et assez sobre, avec des murs gris clair et du mobilier rouge sombre. Quelques unes d’entre nous les enviaient, mais moi, je trouvais à l’ensemble un côté étrangement malsain ; étrangement car a priori il n’y avait rien de malsain… « Tu te fais des films, c’est tout », décréta Blandine, à qui je faisais part de mes doutes, « on est très bien, ici, et tu dis ça simplement parce que tu n’as pas été invitée ».

Qu’elle ait raison ou tort m’importait peu alors que je suivais la petite route de montagne vers la ville. Sur le siège arrière, les deux petites filles que j’avais trouvées s’amusaient. L’atmosphère se faisait pesante à mesure qu’on approchait… Je me garai sur un grand parking, puis me rendis à pieds avec Charlotte et Mina au « palais ».

Nous franchîmes les portes, qui se refermèrent aussitôt sur nous. Un homme passablement agité obstrua les portes d’imposantes barres de fer, avant de donner deux tours de clé à la serrure. « Il ne faut pas qu’ils entrent ! » expliqua-t-il. Je commençai à trouver l’endroit de plus en plus lourd : tous les volets étaient fermés, une lueur passait entre les persiennes, révélant un lieu très bizarre, à mi-chemin entre une ancienne église et une ancienne gare. Curieux mélange… Un homme âgé, d’une certaine élégance très « British », rangeait des paquets-cadeaux dans un coin ; l’homme qui avait barricadé tout le monde s’était adossé au mur, raide et haletant, visiblement apeuré par une menace quelconque. Un groupe de personnes admirant tableaux et vitraux approchait ; et, assis par terre dans un coin, je reconnus à mon grand étonnement Merry et Pippin. Je me frottai les yeux, abasourdie, puis je compris où j’avais laissé traîner ma clé. Heureusement que c’était une Clé de 2, et que les deux à être sortis étaient les deux petits Hobbits ; je n’aurais eu aucune envie de me retrouver flanquée d’orques, de nazgûls, de Sauron ou de Gollum !

Charlotte et Mina jouaient, mais commençaient à se laisser gagner par le malaise engendré par cette atmosphère trop feutrée. Tout en gardant un œil sur elles, je m’approchai des Hobbits, mais avant que j’eusse pu leur dire quoi que ce soit, une porte tout au fond de la salle s’ouvrit violemment, la lueur se fit lumière soudaine et presque aveuglante, et quatre hommes entrèrent, encadrant une femme blonde dont les yeux brillaient d’une étrange folie. Les gens qui admiraient les tableaux et les vitraux furent envoyés d’un signe de mitraillettes vers les grandes portes d’entrée, les petites filles cessèrent de jouer, l’homme apeuré gémit « oh non, ils sont là ! », les Hobbits se levèrent d’un bond.

« Bon, eh bien maintenant que vous êtes là, vous ne pouvez plus vous échapper ! » lança triomphalement la femme blonde. « Vous avez tenté de me tendre un piège, et c’est vous qui êtes tombés dans le mien… Oh, les charmantes enfants… Vous aimez les clowns ? Vous aurez bientôt de quoi vous amuser. J’aime cet endroit, tout y est si bien placé, si ordonné… À vingt heures pile sonnera l’horloge, ah, que j’aime cette heure, et cette exactitude, cette ponctualité parfaite où tout se décide… Et vous serez aux premières loges, mes chers amis ! »

« En parlant d’amis », dis-je alors, « où sont les parents des petites ? Et où sont passées les jeunes filles qui ont été invitées ici ?

― Quel est ton nom ?

― Eugénie est une de mes appellations…

― Eh bien sache, ma chère Eugénie, que mon principe est « chaque chose en son temps ». Or, il n’est pas temps de poser de telles questions ; il est temps de distraire ces deux petites… »

Il y avait chez cette femme quelque chose d’inquiétant, de fascinant et repoussant à la fois, d’attachant et de révulsant. Alors qu’elle se mettait dans une allée latérale pour se changer, les quatre hommes nous observaient, mais nous laissaient libre d’aller et venir dans un certain périmètre. Derrière moi, les rumeurs allaient bon train : « elle est folle, celle-là ! Tu crois qu’elle va tous nous tuer ? Et pourquoi sommes-nous ici ? Et il paraît que c’est pour ça qu’elles ont été invitées, les jeunes filles pour servir de cobayes ! Cette nana ? C’est la fille de Slobodan Milošević et de Ségolène Royal.

― Hein ? » me retournai-je, abasourdie.

« Idéologiquement parlant ! » précisa l’auteur de la réflexion.

« Ah, bon ! Vous la connaissez donc ?

― Pour sûr ! C’est une des conseillers municipaux de cette ville.

― Mais pas seulement, » ajouta quelqu’un, « elle s’est illustrée dans d’autres méfaits, auparavant, dans un tout autre cadre… Et je n’aime pas du tout cette histoire de clowns… »

Intriguée, je me dirigeai donc vers la femme, qui se préparait. Elle ressemblait, dans son costume de scène, à un gentil insecte rigolo, mais lorsqu’elle déclencha un curieux mécanisme, elle me parut beaucoup moins gentille et beaucoup moins rigolote.

« Pouvez-vous me dire où se trouve mon nez ?... Hop… Et ensuite… Oh, il a changé de couleurs, peut-être que si vous appuyez dessus… Et là, paf ! Parfait ! » susurra-t-elle.

« Ça veut dire quoi, « paf ! » ? « murmurai-je à la personne qui suspectait quelque chose à l’histoire de clowns.

« Elle a déjà fait ça auparavant, et les enfants ne se méfient pas, et ça déclenche une bombe, ou un gaz, ou un incendie, ou que sais-je encore… »

Aussitôt, je tentai de faire comprendre aux deux petites filles qu’elles ne devaient en aucun cas appuyer sur le nez du clown, que ce nez soit bleu, jaune ou d’une autre couleur, mais elles ne comprenaient pas ; les Hobbits me virent en aide, mais Charlotte et Mina éclatèrent de rire en les voyant gesticuler. C’est aussi ce que fit la femme blonde.

« Ah, mais je vois qu’il y a déjà des clowns ! Nous allons donc poursuivre le spectacle… Pouvez-vous me dire où se trouve mon nez ? » dit-elle d’une voix flûtée.

« Là ! » crièrent les petites, ravies, montrant du doigt le nez tout bleu, qui s’envola vers elles d’un mécanisme glissé dans le costume. Un autre mécanisme mit en place un nez jaune – nez dans lequel était placé ce qui devait faire « paf » - et l’envoya vers les petites.

« Oh, il a changé de couleur ! Peut-être que, si vous appuyez dessus…

― Non, non ! » lançai-je à voix basse aux enfants, agitant frénétiquement la tête et les mains. Trop frénétiquement. Elle me vit, et quitta aussitôt costume et voix flûtée.

« Eugénie, tu ne sembles pas d’accord… Pourquoi ?

― Pour rien, je me méfie, c’est tout…

― Tu te méfies ! » s’offusqua-t-elle. « Tu te méfies de moi ? Comment peux-tu ? Comment oses-tu !

― De toi, de tout le monde… C’est dans ma nature, c’est tout.

― Ah, et mois qui craignais que cela fût personnel… Oh, mais il est bientôt vingt heures, et que se passe-t-il à vingt heures ?

― Ça sonne, » répondis-je.

« Oui, mais pas seulement.

― C’est l’heure où tout se décide.

― Oui, mais pas seulement !

― C’est l’heure de… De…

― Oh, tu me déçois, Eugénie… Je croyais que toi, au moins, tu avais compris, tout compris ! »

Je venais de comprendre, de trop bien comprendre. Le visage de cette femme ne m’était pas inconnu, ni le mode opératoire. J’avais devant moi une psychopathe recherchée pour divers crimes commis de la même façon dans plusieurs pays différents. Il me fallait à tout prix attirer son attention pour que vingt heures passent sans qu’elle puisse s’en rendre compte, car passées vingt heures, son esprit trop épris de ponctualité se refuserait de déclencher quoi que ce soit contre nous.

Il était moins deux. Elle commença à chanter, je l’accompagnai joyeusement, malgré les réprobations de ceux qui étaient derrière moi, et je l’invitai même à danser avec moi. Moins une. Encore un peu. Nous valsions, valsions, elle chantait de plus en plus fort, je voyais la grande aiguille franchir le 12 de l’horloge, le dépasser, et soudain, le chant se modifia : la psychopathe venait de s’apercevoir qu’il était vingt heures et trois minutes !

« J’aurais dû m’taire », chanta-t-elle très lyriquement, « me taire, mais d’autres n’ont pas la même façon de faire… »

Il y eut une détonation, et le feu s’empara d’une tenture dans la salle.

« Quelle ironie, quelle tragédie ! Pris au piège dans leur propre labyrinthe ! Que c’est triste ! »

Je me faufilai hors des paravents blancs masquant les portes, paravents installés là par les autres quand ils avaient entendu parler de l’histoire de clowns. Là, je commençai à regretter que ce n’eût pas été Gandalf ou Elrond qui soit sorti de la clé : ils auraient pu arrêter le feu, ou du moins le contenir dans un partie de la salle…

Le feu gagnait du terrain, à la grande joie de la femme blonde, alors que ses acolytes demeuraient impassibles.

« Vous vous êtes piégés vous-mêmes ! Vous ne pourrez pas sortir de ce bâtiment ! »

Nous nous rendîmes vite compte qu’elle avait malheureusement raison : la porte était bloquée, et les fenêtres munies de barreaux. Tous les volets que nous ouvrions découvraient des fenêtres désespérément barrées.

« Vite, par ici ! » dirent les Hobbits de leur petite voix caractéristique.

Ils désignaient une porte qui donnait sur un escalier, juste derrière les paquets-cadeaux que triait toujours le vieil Anglais chic.

« Commençons-nous la distribution ? » s’enquit ce dernier, ne prêtant aucune attention à ce qui se passait.

Je suivis les Hobbits dans l’escalier ; l’Anglais insista pour que chaque personne prît une poignée de chocolats. Derrière suivaient Charlotte et Mina, l’homme effrayé qui avait fermé si solidement les portes, puis tous les autres. Deux fenêtres, parfait !... Oh, non, elles ne font que s’entrouvrir… Là, dans le fond, une autre ! Ah, zut, elle est trop petite pour les adultes, mais les enfants – ou même les Hobbits – pourraient passer… Une porte, là, à côté… Oui, mais on ne sait pas sur quoi ça donne, et on risquerait de se faire coincer là… Et là, derrière le sac… J’ouvris une fenêtre plus grande, alors que l’homme effrayé gémissait : « Ils arrivent !... Oh non… Kachine, le type dont ils ont parlé aux infos, c’est lui… »

Je mis la chaise de manière à pouvoir me faufiler par la fenêtre : si je parvenais à prévenir quelqu’un, on nous viendrait en aide… Mais je me rendis soudain compte, grâce au jean qui traînait sur la chaise, qu’il s’agissait de la pièce où s’étaient trouvées nos amies. Où étaient-elles donc ?

« On devrait passer par la Comté, dis-leur, Merry… » souffla Pippin.

« Pas Kachine, pas Kachine ! » hurla l’homme affolé.

Je tournai la tête vers la glace sans teint qui donnait sur la rampe de l’entrée principale de la salle du haut. Parmi d’autres types en uniforme armés jusqu’aux dents, le visage abîmé et l’air suffisant, se tenait le général Kachine, vingt-sept ans et criminel de guerre…

Que vais-je faire ? Je n'ai toujours pas rêvé la suite... Cocker... (pour ceux qui se demandent pourquoi "cocker" : il s'agit d'une émoticone montrant un petit cocker qui tient un coeur sur lequel s'affiche : "euh... dsl" (pour ceux qui ne savent pas ce que dsl signifie : c'est "désolé(e)(s)"). à bientôt !^^

Posté par ETK Onilatki à 10:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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