22 juillet 2009

Prune enlevée !

Voici un rêve que j’ai fait à cheval sur la semaine dernière et cette semaine ; bien que mettant en scène Prune, il n’a rien à voir avec l’histoire de Prune-Biélouchka-Okéanou-Malka-Draconiste-Tzali… Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ça arrive, car c’était déjà le cas dans Libérer l’IUT… (publié en 2007 sur Onilatki).

Alors que certaines personnes malintentionnées diffusaient de fausses nouvelles pour déclencher un climat malsain et des émeutes, Prune, pas dupe, tentait de raisonner les gens : « mais n’écoutez pas cette radio-là, c’est faux, complètement faux, écoutez plutôt Europe 1 ! » clamait-elle. Décidément, les gens d’au-delà des grandes brumes étaient bien crédules et grégaires… Cependant, Prune commençait à gêner sérieusement ces personnes malintentionnées, qui décidèrent de l’enlever. Comme ils étaient très courageux, ils s’y mirent à plusieurs et l’attaquèrent par derrière. Prune aurait très bien pu répliquer aussitôt et les dévorer, mais elle décida de s’amuser un peu : ce serait intéressant de voir ce qu’avaient ces énergumènes dans le cerveau… Elle avertit quelques oiseaux qui passaient par là, puis fit exprès de perdre. On lui lia les mains dans le dos, on la poussa dans une voiture, puis on la conduit dans une cave. Là, une jeune fille lorgna avidement sur les bijoux de Prune : son collier rose et prune, ses bracelets noirs, sa bague… Elle entreprit aussitôt de s’emparer de la bague, mais, bien évidemment, ne put l’ôter.

« Passe-moi ton couteau, dit-elle au chef de la bande, si je ne peux pas lui enlever cette bague, je vais lui couper le doigt, comme ça je l’aurai quand même. »

− Petite idiote, répliqua Prune, tu te donnerais beaucoup de mal pour une vulgaire bague en toc, alors qu’il y a dans mes cheveux une baguette en or massif incrustée de pierres précieuses ! »

Les mots « or massif » et « pierres précieuses » eurent l’effet escompté, et la jeune fille tira sur la baguette, et ce qui devait arriver arriva : Prune prit sa véritable apparence totale. Les liens qui la retenaient sautèrent aussitôt.

Devant cette mi-dragonne mi-céruléenne de près de trois mètres de haut qui dépliait ses cheveux et ses ailes et qui exhalait une odeur d’iode et de roche à feu, les séquestreurs coururent en hurlant vers la sortie, mais Prune envoya d’un geste nonchalant de la main une ceinture d’eau et de feu autour de la cave, bloquant ainsi la sortie.

« Vous ne croyez tout de même pas vous en sortir comme cela ? Ce serait trop facile. Vous avez voulu m’enlever, eh bien maintenant, vous devez en payer les conséquences… Asseyez-vous donc, nous allons les attendre, je sais qu’ils ne vont pas tarder… Pour le moment je n’ai pas faim… »

Elle voulut relever la tête, mais ne le put à cause du plafond.

« Cette pièce est à l’image de votre esprit, c’est plutôt bas de plafond, vous ne trouvez pas ? »

Les malintentionnés ne répondirent pas ; ils semblaient terrifiés, même les plus fanfarons d’entre eux. Prune s’assit et commença à jouer avec ses bracelets, puis avec sa baguette à cheveux (que la jeune fille avait lâchée pour s’enfuir). Quelques minutes passèrent ainsi, puis on entendit une rumeur au dehors. Des gens criaient, des coups répétés sur le sol battaient la mesure d’une musique pour le moment inaudible, et soudain des chants s’élevèrent :

« Nous avons traversé les brumes,

Pour libérer la reine Prune,

Nous dansons le Siva Tau,

Nos armes sont prêtes pour vous,

Préparez-vous à affronter

La colère de Cérulées.

Nous avons traversé les brumes,

Pour libérer la reine Prune,

Fés, héros de la Fleur d’Ecume

A la lumière de la Lune

Ont préparé les armata

Et nous venons tous au combat.

Nous avons traversé les brumes,

Pour libérer la reine Prune,

Virevolte, Feu d’Olouleï

Né au cœur même du Soleil

Car des Dragons la lignée

Désormais s’est réveillée.

Nous avons traversé les brumes,

Et nous allons délivrer Prune ! »

Des policiers, alertés par des habitants du quartier, considéraient curieusement les nouveaux arrivants : vêtements colorés et scintillants, maquillages étranges, armes translucides… Il y avait beaucoup de Céruléens, les fés et héros des cités de la Fleur d’Ecume, quelques habitants des villes de la Fleur (dont des animaux de Koraïvloubpko, le prince Iouri de Toultsatchouk, les Labordage de Siudka, le couple princier de Kourchéda accompagnés de leurs guerriers, des marins de Svendilka et des cracheurs de feu de Yiyor), des Olouliens, et bien sûr Aruvah et Shádi. Devaient-ils intervenir ou laisser faire ? D’où sortait cette étrange foule armée de façon si bizarre ? Ils s’approchèrent, et demandèrent à l’une des personnes de la foule ce qui se passait exactement. Ce fut Muriel Labordage qui leur répondit : « nous attendons, pour l’instant : nous n’attaquerons que si certains mots sont prononcés, mais vous pouvez passer, si vous voulez arrêter les séquestreurs.

− Pourquoi les arrêter ? intervint Shádi, le sabre dégainé. S’ils ont touché à ne serait-ce que la pointe d’un cheveu de Prune, ils auront affaire à moi !

− Dévorons-les donc, dit un Céruléen tératoulien.

− Non ! répondit Rizalé. Ne nous abaissons pas à leur niveau, ils ne méritent pas qu’on se batte contre eux, car ils sont beaucoup trop lâches.

− Comment ? Croiser le fer avec des lâches ? s’indigna le prince Iouri, quelle honte !

− C’est pourquoi nous ne ferons rien si nous n’avons pas à le faire, rétorqua Muriel.

− Okeanwmalkadrakonistetzali, kwati lipwvavo ; tzektzenwha yintahka szsakwtchi[1] ? demanda Aruvah d’une voix forte qui couvrit le brouhaha ambiant.

− Lipwvavo szsokemnw. Szsakwtchi yati kléoraszsa. Tchwri[2] ! répondit Prune.

D’un élégant geste de main nonchalant, Prune fit disparaître le feu et l’eau qui bloquaient la porte. La foule laissa passer les policiers, qui ouvrirent la porte de la cave et arrêtèrent les séquestreurs, qui passèrent sous les huées de la foule prunesque. Et enfin, Prune sortit de la cave, acclamée. Elle sourit de toutes ses dents, s’envola, décrivit quelques cercles tout en lançant du feu et de l’eau, à la manière d’un feu d’artifice, sous les yeux éberlués et émerveillés des habitants du quartier. Elle fut soudain prise d’un éternuement, qui détruisit les installations qui permettaient aux malintentionnés d’émettre leurs fausses nouvelles. Elle revint au sol, et reprit son apparence de camouflage en remettant sa baguette à cheveux.

Et là, je me suis réveillée. Ouain, même pas de bagarre… Mais comme dit Rizalé, se battre contre des lâches n’est pas très intéressant… à bientôt et amusez-vous bien !^^

[1] Prononciation : Okéanou-Malka-Draconisté-Tzali, kwati lipouvavo ; tzek tzenou ha yin’ ta’ ka sakoutchi ?

[2] Prononciation : Lipouvavo Sokemnou. Sakoutchi yati kléora sa. Tchouri !


Posté par ETK Onilatki à 19:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur Prune enlevée !

Nouveau commentaire