Onilatkovoïa Mora = La Mer des Rêves

11 décembre 2012

Arcalys

Voici un rêve que j’ai fait il y a un peu plus d’un an.

 

J’étais partie faire des courses à Fismes. Alors que j’arrivais vers les magasins, je vis des installations que je n’avais jamais vues auparavant : un alignement de plusieurs énormes poulies et tuyaux qui s’enfonçaient dans la terre, et qui tournaient sans arrêt, actionnées toutes les secondes. Je garai la voiture sous les arbres, comme d’habitude, et me dirigeai vers les installations. On me refoula fermement, malgré mes vives protestations. Je fis mes courses distraitement, intriguée par les engins. J’allai à la mairie pour tenter d’en savoir plus, mais sans succès car elle était fermée. Un coup de téléphone de mes parents me fit oublier les installations, et je rentrai à la maison. J’allumai la télé, comme tous les soirs, et l’information sur laquelle je tombai me glaça le sang : il s’agissait de l’incendie d’une tour à Ushuaïa où des lycéens français avaient été péri : des élèves d’une classe de terminale dont j’étais la professeur de français !

Quelques jours plus tard, au lycée, tout le monde ne parlait plus que de la fin tragique des T-log. Une cérémonie avait eu lieu ; des images de la tour en flamme figuraient un peu partout. Comme à chaque début de cours avec les élèves de seconde, on fit un point actualité, et immanquablement l’incendie arriva en tête des événements marquants de la semaine. L’un des élèves prit son smartphone pour sortir les images de l’incendie, et là… « Attends un peu, montre moi ça de plus près ! » Sur les images, quelque chose avait éveillé ma curiosité, mais je ne parvenais pas à saisir pleinement ce que c’était. Une chose était sure : l’incendie n’avait rien d’accidentel…

Je décidai d’en savoir davantage. Mon contrat avec ce lycée se terminait à la fin du mois, ce qui me laissait donc le temps de me rendre en Argentine pour éclaircir l’affaire. J’intégrais donc l’équipe scientifique chargée d’enquêter sur l’incendie. Les autres membres de l’équipe demeuraient méfiants envers mes capacités. Il était vrai que ma seule légitimité dans cette équipe était d’avoir été professeur de ces pauvres T-log. Au bout de deux semaines, les éléments réunis demeuraient minces, et l’équipe, faute de mieux, se décida enfin à suivre l’hypothèse que j’avais émise : toute l’affaire avait un rapport avec l’Océan.

Nous étions dans une vaste piscine d’entraînement juste au bord de l’océan : elle servait à la fois aux nageurs et aux bateaux. Les lieux semblaient avoir été abandonnés à la hâte. Les lumières étaient allumées mais recouvertes de toiles d’araignées, l’eau n’était pas de la plus grande propreté, et les portes étaient béantes.

« Hé, il faut que vous veniez voir ça ! » interpela un membre de l’équipe depuis la passerelle surplombant la piscine.

Nous courûmes tous dans l’escalier en fer, et nous retrouvâmes face à un écran. Des images datant de la veille de l’incendie étaient diffusées en boucle. Etait-ce une fiction ? Une supercherie ? Ou un documentaire tout ce qu’il y avait de plus réel ? Des grandes vagues déferlaient, et parmi les vagues on voyait clairement une armée d’hommes des glaces et des eaux montés sur des hippocampes géants ; l’armée rejoignait un ennemi lui aussi d’eau et de glace et une lance le transperça ; l’hippocampe qui le supportait disparut dans les flots déchaînés. Nous visionnâmes les images plusieurs fois au ralenti pour les décortiquer : elles étaient authentiques… Nous avions devant les yeux une preuve de l’existence des guerres arcalysiennes, et donc des Arcalysiens eux-mêmes.

Arcalys… Depuis que j’étais petite, j’avais toujours eu l’intuition que des êtres ressemblant aux humains vivaient en Antarctique, dans une cité de glace dissimulée des convoitises. J’avais dessiné la cité, ses habitants, leurs coutumes, et j’avais imaginé tout un tas de choses sur l’histoire de ce peuple. J’avais hésité sur l’orthographe du nom : Arcalis, Arkalys, Arkalis ou Arcalys : j’avais toujours écrit ce nom en alternant ces quatre manières. Puis je m’étais fait une raison : les Arcalysiens n’existaient que dans mon imagination…

Et pourtant je les avais là, devant mes yeux ! Et je venais de comprendre ce qui m’avait paru bizarre : une ceinture de facture arcalysienne accrochée à une fenêtre. Mais c’était impossible, puisque les Arclysiens étaient trop fragiles pour vivre sur la terre ferme !

Et une lance arcalysienne était fichée dans la coque du bateau qui flottait dans le bassin d’entraînement. Nous descendîmes l’observer, nous aidant d’épais tapis en mousse pour rejoindre le bateau sans avoir à nager dans l’eau sale. A peine eussé-je posé la main sur la lance que celle-ci se mit à flamboyer d’une lumière froide, et le sas qui donnait sur l’Océan s’ouvrit. Nous grimpâmes aussitôt tous à bord du bateau, dont l’intérieur ressemblait un peu à un camping-car. L’eau nous ballotait assez rudement. Le nez collé à la fenêtre, j’observais attentivement les vagues, et bientôt je vis les deux armées arcalysiennes qui se battaient. Je fus un peu déçue, car je les avais imaginés plutôt pacifiques…

Tout à coup, le bateau fut assailli par une pluie de lances qui cognaient très fort contre les parois ; il ne tarda pas à être immobilisé, et la porte s’ouvrit violemment. Quelqu’un entra : était-ce un Arcalysien ? Il avait en tout cas un air particulièrement féroce et un sourire mauvais. Tous les membres de l’équipe s’étaient recroquevillés sur les couchettes, sauf moi, qui me tenait juste à côté de l’homme qui venait d’entrer. Je savais que pour ne pas être repérée, je devais ne laisser aucune émotion me submerger. Le nouvel arrivant s’approchait inexorablement de chaque enquêteur, lançant d’une voix rauque « œil bleu ! », ce qui signifiait qu’il ressentait leur peur. Qu’allait-il leur faire ? Etait-ce lui qui avait déclenché l’incendie ? L’homme se retourna brusquement vers moi. Quelle gourde ! J’avais laissé une émotion transparaître : je venais de ressentir de la colère…

« Œil de bronze ! lança-t-il.

― Non mais eh oh, toi-même ! répliquai-je, confondant soudain la perception arcalysienne des couleurs des émotions avec une insulte quelque peu scatologique.

― Non, je me suis trompé : œil vert. Je sens une grande rage en toi. Et aussi une grande curiosité. Ainsi qu’autre chose que je n’arrive pas à identifier, quelque chose de beaucoup plus enfoui et de beaucoup plus proche.

― C’est-à-dire ? » m’enquis-je.

L’homme ne répondit pas, mais nous toisa un moment, avant de dire : « c’est bon, je vous laisse la vie sauve, à une seule condition : vous ne révélerez pas ce que vous avez découvert. Nous le saurons si vous le faites. »

― Mais il n’y a rien à révéler, de toute façon ! répliquai-je.

― Nous nous sommes compris, alors.

― Et les T.log ? C’est parce qu’ils avaient découvert quelque chose et qu’ils ont voulu le faire savoir que vous les avez tués ?

― J’ignore de quoi il est question, mais ce qui est sûr, c’est que jamais je ne me suis mêlé des affaires de l’autre côté. Alors, j’ai votre parole ? A chacun d’entre vous ?

― Evidemment ! »

Les autres acquiescèrent d’un mouvement de tête apeuré. Tout en discutant avec cet être étrange, je m’étais arrangée pour me retrouver face à la porte. Nous étions en mer, près d’une île sur laquelle se dressaient exactement les mêmes installations bizarres qu’à Fismes…

Et là je me suis réveillée, et j'attends toujours la suite !

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20 novembre 2012

Escapade à Oto No Kuni.

Je vous en avais parlé dans le billet "Naruto et mes souvenirs" : voici le rêve que j'ai fais en juillet 2006, à Digne Les Bains (je précise la date et le lieu, car l'extrême bizarrerie de certains éléments du rêves est peut-être due à la chaleur des nuits d'été en Provence).

J'étais allée coller un pain dans la tronche de Deidara, qui s'en était pris à Gaara. Mon coup de poing était magnifique et l'avait fait basculer dans le vide, mais il avait eu le temps de me tuer ! "Non, c'est injuste ! J'ai encore tout un tas de choses à faire, moi !" avais-je dis... Et donc, j'étais restée entre les deux mondes, en tant que fantôme.

Je pris la décision d'enquêter sur l'affaire Uchiwa (et sur cette famille en général) : ayant appris que Sasuke avait rejoint Oto No Kuni, je fis route vers le village caché créé par Orochimaru. J'y arrivai sans aucune encombre, bien sûr... J'approchai d'un bâtiment immense, quand j'entendis un bruissement de feuilles derrière moi. Je me retournai lentement.

"Ouh, la jolie petite bête !" m'exclamai-je d'un air attendri en découvrant Manda le serpent géant qui me regardait fixement.

"Il t'a vue et va certainement te manger", dit alors Kabuto, qui sortait de derrière un arbre.

"Il n'aurait pas grand chose à manger, je suis un fantôme !... Je suis venue voir Sasuke pour mon enquête. Où est-il ?"

Kabuto ne répondit pas et disparut de mon champ de vision. Je m'approchai du bâtiment, et entrait dedans (par un mur, c'est ça qui est bien, quand on est un fantôme : pas besoin de se soucier de trouver une porte ou une fenêtre pour entrer ou sortir !^^). Je parcourus une sorte de grand couloir creusé dans la roche, éclairé par quelques torches disposées çà et là. De temps en temps, je passai tête à travers le mur pour vérifier si Sasuke était là. Je finis par le trouver, après une courbe et une montée suivie d'une descente et d'une autre courbe.

"Sasuke !" l'interpelai-je.

Il se retourna sans rien dire. Je le jaugeai (et pensai alors "çok güzel !", c'est-à-dire "très joli" en turc), et puis une grande vague de colère contre sa bêtise se mit à monter, et je me mis à lui lancer tout ce qui me tombait sous la main, tout en l'invectivant : "espèce d'abruti, non mais tu n'as rien dans le crâne, pour avoir rejoint Orochimaru et sa clique ? Tu sais ce qui va t'arriver, tu sais comment tout ça va finir, si tu continues comme ça ? Même pas capable de réfléchir plus loin, andouille, patate, pingouin, nez de boeuf, cul de singe !" N'ayant plus rien à lui jeter, je demeurai là, les bras ballants, la respiration rauque. Sasuke avait été tellement interloqué qu'il n'avait fait que se protéger la tête, sans se défendre davantage, pendant toute ma tirade énervée ; mais là, il se résolut à riposter.

"Ne te fatigue pas, ça sert à rien !" lui dis-je d'une manière aggressive.

Effectivement, comme je n'avais même pas pris la peine d'esquiver, son bras était passé à travers mon ventre.

"C'est glacé !" murmura-t-il, surpris.

"C'est normal, je suis un fantôme !" répliquai-je en souriant de toutes mes dents.

A ce moment-là, la porte glissa et Orochimaru entra.

"Je pourrais te ramener à la vie, tu sais ?" déclara-t-il.

"Certainement pas ! Je ne pourrais même plus faire n'importe quoi ! Là je peux plonger tout au fond des abysses, tout au fond du feu, aller au centre de la Terre, voler comme un oiseau, cotoyer les petites bestioles affamées, provoquer n'importe qui, tout ça sans conséquence ! Je suis très bien comme ça, finalement !"

"C'est quoi, cette grande trace argentée, qui commence dehors et se termine ici ?" dit alors Kabuto qui accourait à bout de souffle.

"Oups ! dis-je. "J'ai mis du sang partout, cocker... C'est que la blessure qui m'a tuée n'est pas encore refermée. D'ailleurs, je ne sais pas si ça se referme, après, une blessure, quand on est fantôme..."

Après cela, assise sur une branche, j'observais Sasuke s'entraîner dans une clairière, en compagnie de Manda à qui je donnais des pop-corns à manger, de Kabuto qui prenait des notes, et d'Orochimaru qui avait l'air très interessé par une fleur dans un coin. On commentait les échecs et réussites de Sasuke, et tout à coup Orochimaru glissa de l'arbre, se précipita vers la fleur, et revint s'asseoir près de l'arbre. Je l'entendis soupirer "ça c'est pour ma Berthe !", et je me réveillai en riant aux éclats, en imaginant Orochimaru faire la cour à S.C. ...

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02 mai 2012

Une sombre rencontre.

Voici un rêve que j’ai fait il y a un peu plus de deux ans, au moment où M6 a diffusé les 6 épisodes de Star Wars. Il se déroule au moment de l’épisode 4.

 

A bord d’un improbable vaisseau de ma fabrication, je faisais route vers l’Etoile Noire avec l’intention de remettre un paquet en main propre à Dark Vador. Je me rends compte que je suis la cible de tirs en rafale : on ne veut pas que je m’arrime ! Après une série de mouvements très acrobatiques (dont une spectaculaire montée en looping suivie d’une vertigineuse chute redressée au dernier moment, je sens que mon véhicule ne m’obéis plus ; je n’ai pourtant pas été touchée, mais j’ai été interceptée. Parfait, car je sais très bien voler, mais j’ai toujours eu quelques soucis pour les atterrissages et arrimages.

Des droïdes et des soldats m’accueillent plutôt impérieusement. Je leur dis que j’ai un paquet à remettre en main propre à Dark Vador. Au début, ils veulent que je leur donne, mais je refuse catégoriquement. J’exige d’être reçue par Dark Vador, et par personne d’autre. Ils me mènent alors, de mauvaise grâce, vers une salle reculée de l’Etoile Noire.

Personne dans la pièce. J’observe les alentours et remarque une espèce de truc… Je m’approche, prends le truc en question, le tourne dans tous les sens, et soudain, sans le faire exprès, le déclenche. « Kékséksbordella ? » Je me retrouve avec un sabre laser dans les mains alors que je ne sais pas m’en servir. Je tente de l’éteindre, mais pas moyen. Je l’agite dans tous les sens, sans aucun effet. Je sens alors quelque chose qui se referme sur mon poignet ; cependant, je ne vois rien. « Eh, molsif ! » dis-je. Une porte s’ouvre. Encadré par deux sbires, Dark Vador entre dans la pièce. Je souris de toutes mes dents.

« Parfait ! J’ai un paquet à te remettre. Mais les deux autres, là, ils sortent. Cela ne les concerne pas. C’est une conversation privée. »

Personne ne bouge. Je pose doucement le sabre laser et prends le paquet, en répétant plus fortement que seul Dark Vador est concerné par cette conversation. Après un petit moment, semblant considérer qu’en cas de danger, il pourra faire face à la bête sans trop de problème, il fait sortir ses deux sbires.

« Qui es-tu ? Que désires-tu ? » me demande-t-il.

Je ne réponds pas, mais le regarde fixement. Je sens la colère monter en moi, et soudain, j’éclate : « espèce de patate pourrite ! Paumé ! Pignouf ! Pingouin ! Chalumeau ! Non, mais, avec tout ce que tu sais faire, toutes tes capacités, tu t’es laissé manipuler par cet espèce de … De… (je ne trouve pas de mot assez fort pour désigner l’empereur). Enfin, tu m’as comprise, quoi ! Ça m’énerve ! Te laisser avoir comme ça ! Et pourtant on t’avait prévenu, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure que l’autre c’était un pourri, mais non ! Toi, tu n’as rien vu, rien compris, rien senti ! (je change soudain de ton) Mais quelle dimension tragique, quand même ! Tu as basculé de peur de perdre Padmé et c’est justement parce que tu as basculé que tu l’as perdue. C’est triste, c’est tragiquement beau !... (je reprends mon ton en colère). Tu t’es laissé berner, embobiner, utiliser comme une arme, et tout cela pour rien !

Qui es-tu ? Comment sais-tu tout cela ? me demande Dark Vador (je remarque un imperceptible trouble dans sa voix).

Tu es célèbre sur ma planète. Et tout le monde connaît ton histoire. Le plus jeune et le plus habile pilote de tous les temps, Anakin Skywalker, de Tatooine ! Et beau, avec ça !... Et voilà ce que c’est devenu ! Un pion, une machine à tuer, un robot… Quel gâchis !

Dark Vador reste coi et s’assied. Il semble songeur. Au bout d’un moment, il finit par demander : « paraît-il que tu as un paquet pour moi ? »

Oui, là…

J’ouvre le paquet et en sort un album (il est rempli essentiellement de photos de Dark Vador au temps où il était encore le bel Anakin et de Padmé, et agrémenté de photos d’autres personnages tels que Shmi (sa mère), Obiwan Kenobi, Qui-Gon, Yoda…) : « tiens, c’est pour toi. Ne le montre à personne, ça ne les regarde pas ! Mets-le en lieu sûr, comme ça tu pourras le consulter plus tard… Oh, et puis… (je sors une photo montrant Anakin enfant sur le module qu’il avait fabriqué pour la course) : tu pourrais me dédicacer ça ? Comme ça je pourrai crâner sur ma planète. Mais tu mets ton vrai non, hein ? Même si personne ne t’a appelé comme ça depuis des années…

Anakin ne répond pas. Je poursuis : « oh, et puis j’ai un ordre de mission pour toi (je sors de ma poche un papier quelque peu froissé) : tu as pour mission de me raccompagner chez moi en tant que garde du corps, aux confins de ta galaxie pour que je puisse retourner dans la mienne. On ne veut pas de moi ici, car je serais dangereuse. Pfff… Ton empereur est tellement bête… Mais peut-être veut-il t’éloigner de… Bref : accompagne-moi plutôt sur Vodiouna, et après je me débrouillerai.

« Vodiouna ? Je n’ai jamais entendu parler de cette planète.

Peut-être que c’est parce que tu es humain… C’est une planète entièrement recouverte d’eau, la planète du grand océan. Tu as une carte, que je te montre où c’est ?

 

Et là, je me suis réveillée en rigolant, car je m’imaginais arriver sur mon lieu de travail (une école élémentaire) avec une telle escorte !

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08 février 2012

« Onirocréatis ».

Voici un rêve que j’ai fait en décembre 2002 ; à cette époque, je n’avais lu que les deux premiers tomes de la série Harry Potter de JK Rowling et j'avais vu le premier film. Je préviens ceux qui ne connaissent pas Harry Potter qu’ils risquent d’être un tout petit peu perdus, mais qu’ils peuvent tout de même lire ce rêve.

 

J’allais avoir 11 ans, et un jour, au courrier, ou plutôt près de la boîte aux lettres, je reçois une lettre bizarre, me disant que j’étais inscrite à Poudlard. Comme je suis dans une famille de moldus, je ne sais pas ce que Poudlard peut être… C’est alors que je vois, à la fenêtre de ma chambre, un chat qui me regarde fixement. Je regarde le chat. Il se tient très droit, et ce qui me fait rigoler, c’est qu’on dirait qu’il a des lunettes. Le chat va derrière la maison, je le suis, il tourne sa tête dans tous les sens, puis prend forme humaine. « Bonjour, ETK, me dit la femme qui était encore un chat il y a une seconde, je suis le professeur McGonagall, j’enseigne la métamorphose à Poudlard. ETK, tu es une sorcière, et c’est pour cela que tu es inscrite à Poudlard. Voici la liste des fournitures. J’ai ici une lettre pour expliquer la situation à tes parents, mais je préfèrerais les voir pour leur dire. Dans tous les cas, je vais t’accompagner sur le chemin de traverse pour que tu puisses acheter tout ce dont tu auras besoin. »

Nous nous retrouvons en deux secondes au Chaudron Baveur, puis nous passons dans l’espèce d’arrière-salle qui donne sur le chemin de traverse. « Observe bien ce qu’il faut faire, car la prochaine fois tu seras toute seule » me dit Minerva McGonagall en tapant sur certaines briques, de sorte que s’ouvre le passage vers le Chemin de Traverse.

Elle ne m’accompagne pas, mais m’attend au Chaudron Baveur, en grande conversation avec d’autres sorciers. Parmi la liste, il y a un plan des lieux. Je vais d’abord changer de l’argent moldu en argent sorcier à Gringotts, puis je fais mes achats. Je finis par la baguette : du saule, cheveu de licorne, souple,30 cm.

Minerva McGonagall me donne mes billets pour le Poudlard Express, et m’explique comment faire pour rejoindre la voie 9 ¾ à King’s Cross. De retour à la maison, je commence à réfléchir sur ce qui a bien pu me valoir cette inscription à Poudlard, et alors je regarde dans mon grand coffre à jouet, et je comprends tout… Eh bien…

Dans le Poudlard Express, je ne sais pas quoi faire alors je dors. Lors du trajet en barque des élèves de première année, je suis dans la barque juste à côté celle de Hagrid. Je lui pose plein de question sur les bêtes, et à ce moment des tentacules sortent de l’eau. Je demande si je peux aller faire un tour dans l’eau, Hagrid me répond que ce n’est pas le moment mais que c’est effectivement possible.

J’ignore totalement dans quelle maison le Choixpeau magique m’a mise. Toujours est-il que c’était la troisième année de Harry Potter alors que c’était ma première à moi (simple et logique calcul de date : on sait, dans La Chambre des secrets, que c’est le 500èmeanniversaire de la mort de Nick-Quasi-Sans-Tête, qui s’est produite le 31 octobre 1492 ; or 1492+500=1992 ; j’avais 10 ans le 31 octobre 1992 (alors que Harry en a 12), donc lors mon arrivée à Poudlard à l’âge de 11 ans, Harry en a deux de plus que moi, soit 13).

La nuit, je rêve que je vole, sur un balai, avec des dragons. Deux magnifiques dragons rouges (qui ressemblent au dragon du drapeau du Pays de Galles). Je suis réveillée par des hurlements terrifiés. Je regarde à la fenêtre, m’attendant à ce que je vais voir… Les deux dragons sont là et effectuent un très joli ballet aérien. Je cours chercher Hagrid, qui résout le problème en leur chantant une berceuse. Les deux dragons endormis sont emportés loin de l’école.

Quelques heures plus tard, je suis convoquée dans le bureau d’Albus Dumbledore. Il me demande raconter mon rêve. Il se doute de ma petite particularité… Il m’informe que celle-ci porte un nom : je suis une onirocréatis, c’est-à-dire que les créatures dont je rêve se matérialisent. Je lui explique que jusqu’à présent, je n’avais rêvé que de petites créatures, que je protégeais dans mon coffre.

La nuit suivante, je rêve d’un monstre assez grand, extrêmement velu, avec trois têtes et six bras. La nuit d’après, c’est une espèce de sirène à la voix stridente et au rire qui casse les oreilles qui se matérialise. Puis c’est au tour de chauves-souris géantes à tête de chat (oui, c’est assez bizarre !).

Vient rapidement une nouvelle conversation avec le professeur Dumbledore. Je lui demande comment cela se fait que, depuis mon arrivée à Poudlard, je ne rêve que de créatures d’au moins trois mètres. « Je ne sais pas, me répond-il, peut-être bien à cause du lieu… » Fumseck le phénix tourne autour de moi et se pose sur mon épaule. Dumbledore sourit. « C’est Hagrid, qui va être content ! » me dit-il, les yeux pétillants.

Cependant, même si Rubeus Hagrid, ravi, s’occupe merveilleusement bien des monstres sortis de mes rêves, des plaintes commencent à affluer. Et si les monstres, au lieu de se matérialiser dehors, apparaissaient à l’intérieur et s’en prenaient aux humains ? Il est donc décidé que le professeur Rogue me préparera une potion. Je demande à assister à la préparation de cette potion. Severus Rogue est d’accord (peut-être étais-je à Serpentard…), mais m’ordonne très clairement de ne toucher à rien. Cette potion devrait m’empêcher de rêver. Je prends peur en apprenant cela. Discrètement, je parviens à mettre dans la potion une herbe imprévue…

Je dois boire une gorgée de cette potion chaque soir. Le flacon est prévu pour durer toute l’année. Et la nuit, je rêve. Une grande farandole d’êtres plus étranges les uns que les autres, plus monstrueux (d’aucuns iraient jusqu’à les qualifier d’effrayants) les uns que les autres, dont un tyra-dents-de-sabre (un tigre à dents de sabres qui a la stature, les pattes postérieures et la queue d’un tyrannosaure). Mais le lendemain, aucun cri terrifié ne vient troubler mon lent réveil. Pourtant les monstres nocturnes sont bien là, au pied de mon lit, pas plus grands que mon pouce. Je les range dans une boîte pour les protéger, et j’éclate de rire. Tout est rentré dans l’ordre : je fais toujours mes rêves, je suis toujours onirocréatis, mais cela n’inquiète plus personne !^^

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13 janvier 2012

La formule.

Voici un rêve que j’ai fait la semaine dernière, dans la nuit de samedi à dimanche.

Suite à une faute de frappe, je me retrouvai en 20212. La Terre était toujours là, mais avait considérablement changé. J’étais chez moi, mais ce n’était plus chez moi. Point de maison, à peine un petit tas de cailloux et de bois figé par les glaces. Les arbres avaient poussé très haut, mais leur tronc n’avait pas grossi, si bien qu’ils semblaient extrêmement fragiles. C’était l’hiver, et il avait neigé. La neige était dure, si bien que je pouvais marcher sans difficulté.

Soudain, mon téléphone sonna : je décrochai, et une voix que je ne connaissais pas me dit de brancher mon kit mains libres. « Qui êtes-vous ? » me demanda-t-on. Je répondis que j’étais Euthéka, et je retournai la question à mon interlocuteur. « Nous vivons désormais sur la Lune, Mars ou en orbite autour de la Terre, dans des vaisseaux géants. Tu (je peux dire tu ?) pourras les voir à la nuit tombée. « Il n’y a donc plus de place sur Terre pour tout le monde ? » « Oh, de la place, il y en a, mais plus pour les êtres vivants et se déplaçant sur la terre ferme. » « Comment cela ? » « Le premier janvier 2113, la fameuse fin du monde annoncée pour2012 aeu lieu. » « Héhé, preuve que non, puisque la Terre est toujours là ! » répliquai-je. « Certes, mais écoute plutôt ce que je voulais dire, car je me suis mal exprimé. Le premier janvier 2113, donc, a été inauguré quelque chose qui a provoqué une modification de l’air, si bien que le dioxygène présent dans l’air a été considérablement réduit. Ceux qui en avaient le plus besoin se sont éteints, espèce après espèce. Les humains les plus prévoyants avaient eu le temps de se préparer à la catastrophe : ils ont embarqué dans ces vaisseaux dont j’ai parlé. Et depuis, on a recréé un habitat humain hors Terre. « Ouaip, c’est comme l’élevage hors sol des poulets, en gros : complètement idiot ! Je respire très bien, là ! Peut-être même mieux qu’en 2012 ! » « Il est certain que l’air est redevenu respirable, mais autre chose s’est passé. Un événement s’est produit, faisant de la Terre une surface instable. » Au même moment, j’entendis un craquement bizarre et sinistre. Je me rendis alors compte que j’étais sur la banquise, et qu’un morceau de glace (celui où je me tenais) venait de se détacher et partait à la dérive alors que la glace se mettait à fondre, laissant apparaître les vagues bleu-foncé des régions polaires. La banquise à Courville ? Effectivement, c’était bizarre… « N’oublie pas, reprit mon interlocuteur, la fin du monde a eu lieu le premier janvier 2113, mais tu peux encore l’empêcher. Trouve la formule et détruis-la. »

Un tourbillon m’emporta, et je me retrouvai en 2112, à la veille de la catastrophe. J’étais bien chez moi. Les arbres avaient grandi, d’autres personnes habitaient la maison, mais le parc qui mène vers le village d’à côté était en contrebas. Un glissement de terrain avait dû avoir lieu, provoquant ce dénivelé d’une centaine de mètres. Poussée par la curiosité, je m’y rendis. Des grilles en fer noir très ouvragées délimitaient plusieurs terrains, en escaliers. Il devait faire dans les 20° malgré l’hiver. Bientôt, des cavaliers s’approchèrent. C’était un homme et une femme, et je fus surprise de les voir habillés à la mode du XVIIè siècle. « Oh, eh bien tu es vêtue bizarrement, toi ! » me dirent-ils. « D’où viens-tu ? » Je leur répondis que je n’avais pas de temps à perdre avec des considérations vestimentaires parce qu’il fallait que je sauve le monde. Je leur dis mon nom, demandai le leur ; la femme me répondit qu’elle s’appelait Jo et que son compagnon se nommait Wa. Je trouvai étranges ces prénoms, et eux trouvèrent non moins étrange le mien. Ils me menèrent vers la route, où des voitures allaient à des vitesses vertigineuses, sur des espèces d’aéroglisseurs. Je trouvai amusant ce retour vestimentaire à la mode XVIIè mêlé à une technologie de pointe. Une affiche d’information attira mon attention : la mise au point d’un « pain d’eau ». Kékséksa ? Une conférence devait se tenir le soir même sur cette « importance avancée technique qui [allait] révolutionner le monde. » Je décidai aussitôt de m’y rendre.

« Bienvenue à tous, dit un chercheur à l’allure de savant fou, pour la présentation de ce pain d’eau : un agglomérat de roche et d’autres composants qui va révolutionner le monde ! Voyez-vous, une expérience est menée actuellement : des gens sont plongés dans une gigantesque sphère placée sous la Terre (il montra un schéma, sur lequel on pouvait voir une boule raccordée à la Terre au niveau du Pôle Sud, où il n’y avait plus aucune neige). Il n’y a pas d’eau, dans cette sphère. Nous leur avons fourni ces blocs, à titre d’expérimentation, et cela marche ! Ils n’ont absolument rien réclamé ! » Il poursuivit son discours tout en autosatisfaction. Une autre diapo afficha la formule de cet agglomérat. Je faillis m’étrangler en découvrant les composants, et je compris tout de suite que j’avais affaire à ce qui avait produit la catastrophe. Lorsque le chercheur proposa une expédition pour vérifier sur place que tout allait bien, je me proposai aussitôt.

Les premières personnes que je rencontrai furent un homme qui ressemblait à Will Smith et une petite fille aux cheveux blond-roux et bouclés. Ils me dirent que ça n’allait pas bien du tout, que l’eau manquait, et que l’air devenait irrespirable. Régulièrement, ils faisaient des incursions sur Terre pour trouver « des choses », en particulier des réponses à leurs questions : l’expérience avait débuté plusieurs décennies auparavant, il ne s’agissait en aucun cas de volontaires, et leurs descendants, que j’avais à présent devant moi, aspiraient à vivre sur Terre plutôt que dans cette boule isolée. Leur vision du monde était biaisée par le fait que les provisions qui leur étaient régulièrement fournies venaient exclusivement de France ou d’Angleterre. Du coup, ils croyaient que la Terre était pour moitié anglaise et pour moitié française. Je restai plusieurs heures avec eux, rencontrant d’autres gens et découvrant leur façon de vivre. Ou survivre, plutôt. J’attendis ce qu’ils appelaient une « incursion dans le domaine d’en haut » pour remonter. Ils avaient mis au point une technique, qui consistait à se rendre dans le cylindre qui reliait la sphère à la Terre et à tendre les deux bras au maximum, jusqu’à être aspiré vers le haut.

Les autres membres de l’expédition n’avaient vu que ce qu’on avait bien voulu leur montrer. Enthousiastes, ils faisaient des propositions d’achat de la formule. Le savant fou dit que celui qui remporterait les enchères auraient l’exclusivité de la formule. Aucun ne put rivaliser avec ma proposition. Je me présentai comme l’héritière d’une petite principauté très riche et peu connue, et on me céda la formule : je me retrouvai en possession de tous les supports sur lesquels elle avait été inscrite/ou et enregistrée. J’entrepris aussitôt de tout détruire, jusqu’à brûler le bout de papier chiffonné sur lequel avait été griffonnée le raisonnement. Il ne me restait plus qu’à détruire le prototype, qui était toujours en la possession du chercheur. Je prétendis vouloir le toucher de plus près, il se fit une joie de me le prêter. Que fallait-il faire, maintenant ? Et si je le réduisais tout simplement en miettes ? Je repérai une usine, y entrai et me ms à la recherche d’un marteau. Je ne tardai pas à en trouver un, et je me mis à frapper de toute mes forces le prototype, qui bientôt se retrouva à l’était de grains de sable. Cependant, ce n’était pas fini. J’avais repéré des vannes qui bloquaient l’eau, l’empêchant de couler dans la sphère. Je me faufilai dans la centrale hydraulique contrôlant les vannes, les ouvris…

« Nooooon ! » Un hurlement de rage se fit entendre. Je bloquai la fermeture des vannes, puis cherchai un endroit pour m’enfuir. Cependant, des gardes armés se mirent à ma poursuite. Sans hésiter, je plongeai dans l’eau, et fis transportée dans la sphère par l’onde. Je ris, car cela ressemblait à un toboggan. Les gens de la sphère accueillirent l’eau avec une immense joie. « L’eau ! H2O ! ». Je partageai leur joie, quand un nouveau tourbillon m’emporta. Je me retrouvai de nouveau en 20212. Il y avait bien des vaisseaux d’habitation tourbillonnant autour de la Terre, de la neige mais pas de banquise. Mon téléphone sonna, et mon interlocuteur de tout à l’heure me dit : « Excellent, très bien, merci ! Grâce à toi, la catastrophe de 2113 n’a jamais existé. Il est désormais temps de retourner dans ton époque. »

Je sentis le sol se dérober sous mes pieds, des limbes m’entourer, et je retombai dans mon lit ; il était 7h45, le dimanche 8 janvier 2012.

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23 septembre 2011

Tellurica

1. L'expédition.

Voici la première partie d’un rêve fait il y a un peu moins de 2 ans et demi. Mon personnage dans ce rêve, c’est Eugène (qui est bien une fille, malgré ce prénom plutôt masculin !)

 

La nouvelle était enfin tombée. Une expédition internationale serait envoyée en bas, dans l’écorce terrestre, là où des années auparavant on avait creusé, fouillé, cherché sans trouver, une nouvelle énergie puissante.

La dernière soirée en surface battait son plein. Eugène chantait, dansait et riait. Elle était fière d’être la première femme à descendre. Fred était toutefois un peu inquiète pour son amie.

« Mais ne t’en fais pas, ça va très bien se passer ! »

Dirk le Danois, Jeremy l’Américain et Jonny l’Anglais, qui allaient eux aussi descendre, rejoignirent les deux jeunes femmes. Une sorte d’effervescence pleine d’adrénaline flottait dans l’air. La nuit fut très courte, et au petit matin les quatre explorateurs étaient conduits vers le puits de forage.

« Salut ! dit une femme blonde en jogging mais très fortement maquillée. Je suis Marie-Jo, mais tout le monde m’appelle Marylin. Je serai votre correspondante surface quand vous serez en bas. Je vous indiquerai les directives et vous me ferez part de vos observations. Pour cela, vous porterez dans tous vos déplacements à des fins d’exploration un casque relié à cette machine (elle montra une espèce d’énorme ordinateur avec quatre écrans, deux claviers, plein de boutons partout) : ainsi, on verra et on enregistrera ce que vous verrez et on entendra et enregistrera ce que vous entendrez et ce que vous direz. Bonne exploration, et surtout restez bien à l’écoute pour votre sécurité ! »

Eugène, Dirk, Jeremy et Jonny prirent place dans la cabine de descente, et le voyage débuta. Il faisait assez sombre au fur et à mesure qu’ils descendaient, et de plus en plus chaud. Avec un grand bruit, la cabine s’arrêta. Ils avaient atteint le campement. Il s’agissait de quatre étroites chambres individuelles constituées chacune d’un lit, une armoire, une table de nuit, des toilettes, une douche et un lavabo surmonté d’un miroir et d’une étagère ; ces quatre chambres étaient disposées en arc de cercle autour d’une salle commune faisant office de bureau et de cuisine-buanderie-réserve. Il y faisait relativement frais, la température n’y excédant pas les20°C. Heureusement ! En revanche dès qu’on s’éloignait du campement, une chaleur étouffante empêchait tout mouvement sans combinaison spéciale. Une machine à forer attendait d’être utilisée, et des espèces de rails partaient vers des galeries. D’après les indications qu’on avait données aux explorateurs, il s’agissait là des anciennes galeries construites par les premiers chercheurs téméraires qui s’étaient aventurés jusque là, sans succès. Pour explorer ces galeries, on devait revêtir une combinaison et passer sous un sas. Il avait été décidé d’examiner les anciennes galeries à l’aide de matériel plus perfectionné : peut-être que ce qui avait échappé aux anciens outils il y avait des années apparaîtrait aujourd’hui.

Au bout d’une semaine pourtant, rien n’avait été trouvé. L’ambiance générale au campement était assez bonne, mais quelques tensions avaient fait jour, notamment dans l’attitude parfois machiste des trois hommes vis-à-vis d’Eugène : ils lui avaient ainsi demandé de faire leur vaisselle, ce qu’elle avait refusé catégoriquement, lâchant un très laconique et néanmoins explicite « chacun sa merde ». Ses indéniables compétences, son aspect bourru et son vocabulaire cru avaient néanmoins contribué à son intégration au groupe.

Ce matin-là, Eugène se réveilla avant les autres. Elle se prépara et se rendit dans les galeries. Il y avait longtemps qu’elle avait senti, perçu quelque chose. Elle ne savait quoi, mais elle était sure que l’énergie tant convoitée se situait sur la droite de la galerie B. Il y avait par là une chaleur étrange et une très forte lumière, mais également autre chose d’étrange et d’attirant. Elle voulait y aller, mais le petit chariot de pré-exploration ne pouvait sortir des rails. Il fallait donc prendre la grosse machine. « C’est par là, je le sais, je le sens ! » s’exclama-t-elle. Les trois hommes, entre temps, l’avaient rejointe et deux d’entre eux prirent place dans la machine. Elle grimpa aussi, mais là force fut de constater que la machine était bloquée. Eugène descendit voir ce qui se passait : c’était simplement le frein externe de la machine qui n’avait pas été enlevé. Toutefois, lorsqu’elle voulut remonter dans cabine de la machine, les trois hommes occupaient les trois places. Elle protesta vigoureusement, mais ils fermèrent la porte et partirent explorer l’endroit qu’elle avait découvert. Un ordre transmis par Marylin au même moment lui commandait de remonter. Elle étouffait, pleine de rage et amère, invectivait violemment ces trois machos, fustigeait l’injustice dont elle était victime. Malgré tout, on la remonta à la surface…

2. Calomnies et intimidations.

Plusieurs mois s'étaient écoulés depuis la remontée forcée d'Eugène. Elle s'était d'abord isolée, dépitée, puis avait repris le chemin de l'université où elle donnait des cours. Elle avait relaté l'expérience désastreuse sur son blog, et avait reçu nombre de messages de soutiens, notamment de la part de femmes victimes comme elle du machisme.

Mais très vite, certaines mauvaises langues s'étaient exprimées dans les media. "On peut douter de ses réelles compétences ; si elle a été remontée avant les autres, ce n'est pas par hasard." pouvait-on entendre. "La place d'une femme n'est pas en bas à forer, mais à la surface, car une femme n'est pas assez forte et solide pour tenir une telle place." pouvait-on lire. Un arrogant professeur imbu de lui-même, collègue d'Eugène, avait été invité lors d'un journal télévisé pour s'expliquer sur l'expédition. On lui avait posé la question que tout le monde se posait : pourquoi avoir remonté Eugène avant les autres ? Ce dernier avait remis en cause les capacités physiques et intellectuelles d’Eugène, ainsi que ses facultés de discernement. Il avait en outre émis l’hypothèse d’un choix effectué non en fonction d’éléments solides scientifiquement, mais plutôt d’une promotion canapé.

Eugène avait répliqué en des termes très clairs, très explicites et sans langue de bois : « Il sait où il peut se la mettre, sa promotion canapé ! Mes facultés de discernement ? Certes, sur ce coup-là je n’en ai pas eu, j’aurais dû me douter que j’étais entourée de cons et que lui était le connard en chef ! Mes capacités intellectuelles, je les ai prouvées en menant à bien trois thèses en même temps dans des domaines différents ; quant à mes capacités physiques, qu’il ose donc m’affronter en face, mon poing se fera un plaisir d’épouser sa tronche ! »

Toutefois, comme le professeur arrogant était membre éminent de l’université et ami d’instances puissantes, il eut gain de cause, et Eugène vit son contrat prendre fin. Il y eut des contestations, des pétitions, des manifestations, mais rien n’y fit. On menaça les étudiants de les saquer s’ils prenaient fait et cause pour Eugène, on menaça les autres professeurs et secrétaires de licenciement, et pour finir il y eut des intimidations beaucoup plus musclées. Certains reçurent des lettres inquiétantes, d’autres furent agressés, tabassés ; l’appartement d’Eugène fut cambriolé : on lui avait volé un très ancien collier dans les tons verts, en perle, nacre et fil de lin. Quand elle avait porté plainte, on l’avait envoyée promener. Face à tout cela, Eugène avait fini par se retirer loin de l’agitation, à la campagne, chez Félix, son meilleur ami.

3. La peur.

Il y eut un coup d’Etat dans le pays. Une ambiance tendue s’installa, et très vite la censure s’abattit sur tous les écrits, toutes les paroles et tous les actes. Certaines personnes disparurent. La version officielle affirmait une fuite à l’étranger, mais personne n’était dupe. La population était contrôlée à chaque déplacement. Une manifestation pour la liberté fut très violemment réprimée : il y eut des morts, des blessés graves, des arrestations et des emprisonnements arbitraires. Tout cela entraîna un climat de peur, voire de terreur, et les gens n’osèrent plus s’opposer au nouveau régime. Bientôt, un culte des « Cinq Grands » fut instauré : il s’agissait de vénérer presque comme des dieux les cinq dirigeants du pays, qu’on appelait aussi « la Tête ». Parmi eux se trouvait le professeur qui avait tant dénigré Eugène. Cette dernière, apprenant la mise en place de ce nouveau culte, refusa en des termes très clairs et très crus. Félix trouva le moyen de contourner la censure en hébergeant son blog et celui d’Eugène sur un serveur étranger. Ainsi, les autres pays pouvaient savoir ce qui se passait ici désormais, malgré la fermeture des frontières et l’interdiction faite aux journalistes locaux de sortir et aux journalistes extérieurs d’entrer.

Un jour, une discussion s’engagea entre Eugène et Félix. « Tous ces gens qui se mettent au mieux à genoux et au pire à plat-ventre devant ces trous du cul ça me débecte ! » déclara Eugène.

Ils ont peur, c’est tout… tenta d’expliquer Félix.

Ils ont peur parce qu’ils le veulent bien, répliqua Eugène, regarde combien nous sommes : si on se révolte, tous ensemble, on arrivera à renverser les autres têtes de nœuds !

Le problème, c’est qu’ils sont armés et que nous ne le sommes pas. Et leurs armes sont terribles ; jamais on n’avait vu cela. Regarde, j’ai réussi à pirater une caméra de surveillance et à récupérer les images de la manifestation de l’autre fois. »

C’était impressionnant : les manifestants étaient comme foudroyés à une distance considérable. Les autres se dispersaient mais étaient rattrapés par les forces armées qui les matraquaient. D’autres étaient abattus à bout portant, et ceux qui restaient étaient arrêtés sans ménagement et balancés dans des camions sans vitre.

Peu de jours après cette conversation, Félix disparut. Des agents armés du pouvoir débarquèrent chez lui, retournèrent tout, embarquèrent tout ce qui leur tomba sous la main. Eugène s’était cachée en haut d’un arbre et avait assisté, impuissante, au saccage. Malheureusement, un des membres du commando l’aperçut et lui tira dessus. Elle parvint à s’échapper et retourna chez elle, dans la capitale du pays, et put alors pleinement mesurer le sentiment de peur qui y régnait. Aucun de ses voisins n’osait lui adresser la parole, pas même pour des futilités. Une nouvelle voisine, une femme avec un bébé, avait même refusé son aide quand Eugène lui avait proposé de porter ses sacs de course pendant qu’elle portait la poussette dans les escaliers. Toutefois, quelques minutes après, un mot fut glissé sous la porte d’Eugène. Elle contempla un instant, méfiante, l’enveloppe gisant sur les petits carreaux irréguliers du carrelage, puis se décida à l’ouvrir. Il venait de la femme au bébé. Cette dernière souhaitait lui parler en secret, et avait des renseignements importants à lui communiquer. Etait-ce un piège ? Elle se mit à la fenêtre pour réfléchir. Les toits de la ville s’étendaient à perte de vue. Au loin, le toit du Palais se détachait. Eugène prit des jumelles, et découvrit avec stupeur que des gardes surveillaient avec des longues-vues et des télescopes tous les alentours. L’un d’eux la vit, fit un geste, et Eugène sut qu’il allait tirer avant même qu’un jet de lumière vive ne frappe le mur en face de la fenêtre, formant un trou. Eugène s’était jetée sur le côté. Elle avait perçu la chaleur du jet avant de le voir. Cette chaleur lui rappelait celle qu’elle avait sentie au fond du puits de forage, et plus curieusement celle qui se dégageait de son collier volé. Intriguée, elle reprit ses esprits, se dirigea vers la porte de son appartement, sortit alors qu’une pluie de nouveaux jets s’abattaient, dévala les escaliers et toqua à la porte de la femme qui voulait lui parler. Celle-ci lui ouvrit en tremblant. Eugène n’entra pas tout de suite : elle demanda si les volets étaient fermés. Comme ils l’étaient, elle se faufila dans l’appartement et se cacha derrière un fauteuil. « Faites comme si vous étiez seule, dit-elle.

J’ai des questions et des renseignements, dit la femme.

Je sais… Moi aussi…

D’abord, où est mon mari ? Avant de disparaître il m’a dit qu’il faudrait vous contacter au plus vite.

Je n’en sais rien… Je suis restée éloignée de tout pendant près d’un an. Et je ne sais pas qui est votre mari.

Evo Lemosio. Il disait que vous étiez la seule à avoir raison au sujet de… Je ne me souviens plus de ce qu’il a dit, mais cela parlait d’une source énergique ou énergétique, je ne sais plus.

Oui, Evo… L’un des seuls à m’avoir soutenue…

Il m’a dit qu’ils y avaient eu des répliques de votre collier. Je ne vois pas en quoi cela est exceptionnel, mais…

Etrange, en effet…

Il m’a dit aussi qu’il y avait eu un mensonge, mais n’a pu m’en dire davantage. De quel mensonge parlait-il ? »

Eugène ne répondit pas tout de suite. Elle réfléchit aux jets foudroyants, puis tout devint clair : « l’énergie, expliqua-t-elle, ils ont prétendu ne rien avoir trouvé, et pire : qu’il n’y avait rien à trouver. Or, ces jets foudroyants doivent provenir de cette énergie. Le voilà, le mensonge. Ils ont trouvé quelque chose en suivant mes intuitions à moi, ils ont volé ma découverte et l’utilisent à des fins criminelles. Les ordures ! » Le mot « ordures » était d’une douceur incomparable par rapport aux autres mots qui suivirent.

« Cachez-vous, et ne sortez pas. Vous ne m’avez jamais parlé. » dit Eugène, avant de se précipiter hors de l’appartement et de l’immeuble. Elle voulait protéger la femme et l’enfant d’Evo, et se débrouiller pour remettre la main sur son collier. Elle prit le métro jusqu’au Palais. Alors qu’elle s’apprêtait à sortir de la bouche de métro, on lui tira dessus. Elle réussit à s’échapper dans une rue adjacente, mais fut rattrapée par une femme aux yeux bleu-glacial, qui portait autour du cou… « C’est mon collier ! » s’écria-t-elle. Elle tenta de le lui arracher, mais n’y parvint pas. Une voiture passa, et la femme en profita pour se soustraire à la vue d’Eugène. Cette dernière, énervée, poursuivit son chemin. Le long d’un mur, devant son ancien lycée, elle retrouva la voiture : la femme de tout à l’heure en sortit, accompagnée de deux hommes au visage dur. Tous trois pointèrent leur arme en direction d’Eugène, qui grimpa alors dans le bus pour sauver sa peau et brouiller les pistes. Quelques stations plus tard, elle descendit. Elle était en centre-ville, au milieu d’une des grandes avenues piétonnes. Là, sur une espèce de charrette, elle trouva deux de ces anciens étudiants : les jumeaux Adrien et Aurélien.

Bonjour, madame ! dirent-ils.

Bonjour, vous deux… Où allez-vous comme ça ?

On travaille là, dirent-ils en indiquant un atelier de menuiserie.

Et on vous cherchait, à vrai-dire.

Ah oui ? Et pourquoi cela ?

L’équipe qui est descendue au fond du puits de forage disparu : la surface ne reçoit plus de signe de vie.

Et alors ?

Ils cherchent des spécialistes pour explorer ce qui s’est passé et leur porter secours. Ils nous ont demandé de recruter des volontaires.

Qu’ils se démerdent ! Ce n’est plus mon problème.

Félix étaient avec eux…

Félix ? »

Eugène réfléchit très vite, elle s’approcha de la charrette, et souffla : « trouvez un moyen de me faire descendre ».

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20 juillet 2011

Oktokhéri

Ce qu’il y a de bien, à la Japan Expo, c’est qu’on peut perdre le contrôle de ses nerfs et donc prendre sa véritable apparence sans que cela ne choque personne. Je m’explique :

Le jeudi 30 juin, j’ai vu deux gars qui s’étaient cosplayés… En nazis (ils avaient pris soin de mettre sur leur brassard un pique à la place de la croix gammée, mais quand même) ! Comme vous pouvez l’imaginer, j’ai eu deux envies de meurtre… Camille et Frédérique m’ont entraînée dans une allée où je n’avais plus en vue les deux individus, et c’est passé. Mais la nuit…

Nous étions à la Japan Expo (logique) et nous nous baladions dans les allées (jusqu’ici, rien de bien particulier). Je vois les deux types cosplayés en nazis, et c’est l’enchaînement : perte du contrôle de mes nerfs, colère soudaine, envie de meurtre, et… Ce qui devait arriver arriva : j’ai pris ma véritable apparence au beau milieu de la Japan Expo !

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Sauf que personne n’a été choqué. Réactions des gens : « wouah, elle s’est vraiment bien cosplayée… Mais elle représente quel personnage, en fait ? » J’émets un grognement signifiant : « c’est ma véritable apparence, eh, pingouin ! ». Autres réactions : « dis-donc, et le son, c’est vachement bien rendu, comme elle fait ça ? Un haut-parleur, peut-être… Elle a dû passer drôlement de temps à faire son costume ! Tu imagines, si elle est venue en métro ? Ne dis pas n’importe quoi, avec sa tenue elle n’a pas pu venir en métro. » Nouveau grognement.

 

« Euh… Qu’est-ce qu’elle dit, là ? demande Camille.

 

Je n’en sais rien, répond Frédérique, je n’ai pas fait option grognement. Cela dit, vue l’heure qu’il est, ça doit vouloir dire « j’ai faim ». »

 

C’est exactement cela, je meurs de faim ! Je regarde aux alentours. Ceux qui ont provoqué ma colère sont là, fascinés comme tant d’autres, à me regarder pour essayer de comprendre mon costume. Je glisse vers eux. Deux de mes huit bras (« Huit Bras » est la signification de nom « Oktokhéri ») les saisissent. Je les regarde d’un air intrigué : « c’est quoi, ça ? Ça se mange ? » Ils sont effrayés : l’un glisse à l’autre : « je t’avais dit que c’était une mauvaise idée de s’habiller comme ça ! » Je les secoue, hume la viande… Bof, non, pas terrible… Je les lâche sans plus me préoccuper d’eux, et tourne la tête d’un côté et de l’autre pour voir s’il n’y a rien à manger. Les deux individus tombent assez durement au sol. « Je confirme, dit l’un, c’était une très mauvaise idée… L’année prochaine je m’habillerai en héroïne de Shôjô… Et moi en maid ! répond l’autre. » Pendant ce temps, Camille et Frédérique ont agi vite : elles sont allée acheter des mochi. Pour attirer mon attention, elles viennent avec précaution et très furtivement tapoter ma jambe (enfin, ce qui me sert à glisser, disons), et quand je regarde en bas, je les vois me tendre un coffret de mochi. D’autres personnes, japonaises, françaises et autres, m’en propose aussi, dans plein de langues différentes. Je me penche, prends délicatement un mochi au thé vert, le savoure les yeux fermés… Toute ma colère disparaît… Et je me réveille : j’ai faim !

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03 juin 2011

Un coup de branches.

C’était le mardi 29 septembre 2009. Mes parents venaient de partir au Portugal, et je me retrouvais donc toute seule à la maison. Comme tous les mardis, j’étais partie à la danse. Mais lorsque je revins…

« Ptn, j’en ai marre des failles ST ! » soufflé-je. En effet, une colonne de chars allemands de la 2de guerre mondiale faisait route vers mon village. Ils allaient assez lentement. Plus lentement que moi, en tout cas ! Je me dépêche de rentrer chez moi, je me précipite vers le congélateur : du répulsif ! Héhé… Je vais en pulvériser juste à l’entrée du terrain (sans lésiner sur la quantité), remets le tube en place dans le congélateur, je ferme vite fait tous les volets et toutes les portes, et je me mets à mon poste d’observation, à ma fenêtre, par l’interstice des volets. Hihihi, ils ne vont pas pouvoir passer, hahaha… Ils essaient de pénétrer dans le terrain avec leur char, sans succès. Ils en descendent, et là, alors que je m’attendais à les voir confrontés à un mur invisible infranchissable, j’ai la mauvaise surprise de constater qu’ils envahissent mon terrain, à pied, sans problème. Je vais au congélateur pour vérifier le répulsif : « 2005 ! ZeN avec ses produits périmés, je le retiens ! » Mais qu’à cela ne tienne, j’ai un autre plan. Suis-je à moitié Drevulkha*, oui ou non ! Je remonte de la cave, ouvre la fenêtre de la cuisine : les autres sont passés derrière la maison. J’en entends certains tenter d’ouvrir les volets, en vain. Je souffle au Vent des mots à l’attention du Saule pleureur. Ce dernier réagit aussitôt : un vigoureux coup de branches renvoie les intrus dans leur époque. « Merci pour ce coup de pouce », dis-je au Saule, qui semble se renfrogner. « Enfin… Pour ce coup de branches », corrigé-je. Le Saule se détend, et me réponds « de rien jeune fille ; les arbres aussi ont été concernés, et c’est avec plaisir que j'ai ainsi vapsoulié** ces intrus.» Et là, je me suis réveillée…

 

* fille des arbres

** mot inconnu, entendu pour le première et seule fois pour le moment dans ce rêve, et qui, d’après le contexte, semble signifier « virer, renvoyer avec force, éliminer du champ de vision d’un coup de branche.

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12 mai 2011

Un drôle de cours...

Voici un rêve que j’ai fait alors que les TCGA, une des classes dont je m’occupe, étaient en stage, soit en janvier-février (je sais, j’ai mis du temps à le raconter, mais le voici, c’est le principal !).

Dans le cadre du cours d’histoire intitulé Démocraties et Dictatures, j’avais décidé d’emmener les élèves voir les choses directement sur place. Le lundi, après avoir fait l’appel et ainsi constaté qu’il n’y avait aucun absent, je ferme les portes à clé, demande à ce qu’on ferme les fenêtres, distribue à chaque élève une sorte de clochette, et retourne au bureau. Très vite, les élèves s’étonnent : « que doit-on faire au juste avec ces clochettes ? » Je leur sors alors un appareil de mon invention : une machine spatio-temporelle portative, format de poche. Je leur explique de quoi il s’agit, et la plupart sont sceptiques. Imperturbable, je leur dis qu’en cas de danger, ils doivent actionner leur clochette trois fois : ils se retrouveront ainsi automatiquement transportés ici. Puis je leur demande de faire une grande chaîne : la clochette dans la main droite, la main gauche posée sur l’épaule de leur voisin d’à côté ou de devant (vous avez remarqué mon chiasme, au passage ?), les élèves se regardent, de plus en plus intrigués, certains avec un air de penser que j’ai complètement perdu la boule pendant le week-end. Je règle la machine sur Berlin, 1936, jour du 100m olympique remporté par Jesse Owens, l’élève dont la main gauche est inoccupée pose celle-ci sur mon épaule, et j’actionne le mécanisme : nous partons. Nous avons l’impression de nous retrouver au cœur d’un vaste tourbillon de traits de toutes les couleurs, puis nous « atterrissons », à l’abri des regards.

Les élèves sont abasourdis : tout cela est donc vrai ! Nous avons réellement remonté le temps, voyagé jusqu’à Berlin, nous sommes en 1936 le jour de la finale du 100m ! Là, je leur demande de se séparer en petits groupes, de noter sur un carnet ou dans leur tête tout ce qu’ils constatent, et surtout de bien agiter la clochette en cas de danger. Nous faisons les équipes, puis nous nous dispersons. Je décide d’aller au stade. En chemin, je croise des élèves qui écrivent des slogans hostiles au régime sur les murs, qui arrangent les affiches de manière à ridiculiser les dirigeants, et qui agitent leur clochette sitôt des mouvements agressifs à leur encontre en vue. A ce rythme-là, il n’y en a bientôt plus qu’une petite poignée sur place. Je consulte une fiche qui se met à jour dès qu’une clochette est agitée : plus que Justine, Lucile, Olivier, Pierre et Romain (et moi aussi, bien sûr). Nous nous retrouvons au stade, où nous parvenons, non sans mal, à nous frayer un chemin vers les gradins pour assister à la finale. Nous encourageons Jesse Owens à grand tapage et sous les regards courroucés de nos voisins, célébrons sa victoire, puis nous glissons vers la sortie. Les élèves décident de réaliser une caricature sur un mur, pendant que je surveille. C’est une belle fresque, très réussie et très virulente, mais c’est alors que des hommes en uniforme tournent à l’angle de la rue et nous foncent dessus. « Vite, vos clochettes ! » hurlé-je aux élèves, qui s’empressent de l’agiter pour revenir en sécurité en 2011 à Soissons. Mais tandis que je veux faire de même, rien ne se produit. Je secoue une nouvelle fois ma clochette… « Bordel… » Rien ne se produit. Un grand sourire crispé se dessine sur mon visage, je règle le plus vite possible ma machine portative sur « 2011, retour à la date et à l’heure de départ », n’importe quel lieu, et je m’éclipse…

Le problème, c’est que le « n’importe quel lieu » m’a propulsée en Egypte, en plein au moment de la révolte contre Hosni Moubarak ! Et moi qui comptais sur un petit endroit tranquille pour réparer ma clochette… Car là, il y a deux « moi » en même temps dans le monde en 2011 ! Pour résoudre le tout, il faut absolument que j’actionne la clochette, sinon, les conséquences pourraient être désastreuses ! Je me réfugie dans un coin, constate qu’il s’agit tout simplement d’une vis légèrement dévissée, la resserre à fond, secoue la sonnette… Et reviens à Berlin en 1936 au moment où les autres vont m’attraper ! Vite, encore un coup de grelot, et je retrouve la salle du lycée où tous mes élèves se trouvent, sains et saufs. Il était temps, car la sonnerie marquant le début du cours suivant retentit, et je me suis réveillée en rigolant (même si, ce jour-là précisément, c’est une autre classe que j’allais retrouver, une classe que je n’emmènerais même pas en rêve en voyage spatio-temporel !).

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05 décembre 2010

Danse à Versailles

Voici un rêve que j’ai fait en septembre :

 

 

Je me promenais dans les jardins du Château de Versailles. Pour fuir la foule, j’avais trouvé un petit chemin de traverse ; et là…

 

Une faille spatio-temporelle me propulsa en 1660 ! Je me trouvais dans un jardin, mais plus à Versailles… J’ignorais totalement où j’étais. « Oh, oh… Il y a quelqu’un ?... Hou, hou… Bon… » Personne. Je m’ennuyais ferme ! Alors, je me mis à danser. C’est alors que plusieurs personnes, avec au centre un jeune homme très intéressé par mes pas, arrivèrent. « C’est formidable ! » s’écria-t-il. Pouvez-vous m’apprendre cette danse ? Mais pas ici, ce n’est pas très commode. Allons plutôt chez moi ! » Je le suivis, et bientôt on entra dans un palais. Le visage du jeune homme me disait quelque chose… Et soudain je le reconnus : Louis XIV ! Je me mis à rire. Tout le monde s’en étonna. « Qu’y a-t-il ? » « Non, rien… C’est tout de même curieux de montrer des pas à celui qui en a inventé, c’est marrant ! ». On me regarda bizarrement, sauf Louis qui n’avait rien entendu, puisqu’il s’était précipité pour revêtir un costume de danse. Moi, en jeans, tee-shirt, baskets, ce n’était pas très pratique… A peine m’étais-je fais cette remarque que mes habits changèrent : je portais désormais mon costume d’arbre. Et me voilà, peu de temps après, à apprendre des chorégraphies à Louis XIV…

 

 

 

 

LOUIS_XIV___ETK

 

Sur ce, je me suis réveillée en rigolant !

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